Conférence Mondiale de Montréal 2011 : le PDG de Suez Gaz de France argumente sur l’éolien. Intéressant pour un gazier !

Cet argumentaire a été présenté à la [icon style=”globe” color=”green”]Conférence mondiale de Montréal[/icon] 2011 (équivalent du sommet de Davos) :

« Ce sont des énergies intermittentes qui vont nécessiter de grandes capacités de réserve, qui vont reposer sur le gaz naturel en raison de la facilité d’utilisation des turbines à gaz »- soit l’exemple d’une île ayant besoin de mille mégawatts pour ses habitants et ses industries- « L’île veut être verte. Donc elle construit 1.000 mégawatts d’éoliennes. C’est très bien, surtout quand il y a du vent, c’est à dire 30% du temps. Mais comme les consommateurs veulent de l’électricité tout le temps, il faut construire à côte de ces éoliennes 1.000 mégawatts de turbines à gaz qu’on peut mettre en route comme des mobylettes quand il n’y a pas de vent et les éteindre quand il y a du vent ».

« Résultat des courses: on va payer trois fois. D’abord parce qu’il faut construire deux systèmes, 2.000 mégawatts, alors que l’île n’a besoin que de 1.000. Deuxièmement il faudra subventionner les éoliennes et troisièmement, les turbines à gaz vont fonctionner seulement 70% du temps et donc le coût en capital du mégawattheure va être augmenté à due concurrence ».
Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer un virage marqué vers les énergies renouvelables, le p.-d.g. de GDF Suez, Gérard Mestrallet, met en garde contre un recours majeur à ces sources dites propres, et ce, pour des considérations économiques. Un plaidoyer repris hier par d’autres participants à la Conférence de Montréal.

«Tout ce qui est durable est vert, mais tout ce qui est vert n’est pas nécessairement durable. Il faut avoir la sagesse de le reconnaître», a-t-il affirmé d’entrée de jeu devant un parterre de gens d’affaires réunis dans un hôtel du centre-ville de Montréal. «L’offre se développe rapidement, les coûts baissent, mais ce développement s’effectue au prix de subventions publiques souvent importantes dont les pays, le plus souvent désargentés, découvrent le coût.»

M. Mestrallet, grand patron d’un géant mondial du domaine gazier, juge en outre que les citoyens ne prennent pas la réelle mesure des coûts associés aux sources énergétiques comme le solaire, la biomasse ou encore l’éolien. «Il est clair que l’opinion publique croît que les énergies renouvelables vont être la clé essentielle de l’énergie du futur. C’est vrai en partie, mais sûrement moins que l’opinion publique ne le pense. Parce que ces sources d’énergie sont intermittentes, vont nécessiter de grandes capacités de réserve et vont reposer sur le gaz naturel, en raison de la flexibilité des turbines à gaz.»

Selon lui, si on construit par exemple un parc éolien pour alimenter une ville, il faudra en effet prévoir une autre forme d’approvisionnement, comme le gaz naturel, pour éviter la panne lorsque la brise ne souffle pas. Cette multiplication des sources aurait pour effet de faire grimper la facture. «Alors, je crois qu’il faut bien réfléchir avant de s’engager trop massivement dans des productions intermittentes d’énergie renouvelable», a-t-il conclu.

Un refrain repris par le président du Conseil mondial de l’énergie, Pierre Gadonneix, dans le cadre d’un atelier sur l’avenir énergétique mondial. «À long terme, il est évident que les énergies renouvelables auront une part majoritaire», a-t-il admis. Mais pour l’heure, «les différentes sources sont à des degrés de maturité très variables». Dans la majorité des cas, a dit M. Gadonneix, elles sont «intermittentes». Donc, «dès lors que leur part dépasse 10 à 20 %, l’irrégularité de la production engendre des surcoûts très importants pour construire des capacités de production d’appoint, mais aussi des réseaux».