Eoliennes et énergies renouvelables : la quadruple faute

[icon style=”chain” color=”green”]Article du site lecercle.lesechos.fr[/icon]

Eoliennes et énergies renouvelables : la quadruple faute
Une politique énergétique vertueuse devrait assurer efficacités économique, sociale, environnementale et morale. En s’engageant massivement dans la filière éolienne, le Gouvernement commet une quadruple faute. Cette faute aura pour conséquence que la France aura raté l’opportunité d’une transition énergétique réussie tout en payant ses erreurs au prix fort.

Ou quelques mots de vérité à Madame la Ministre dite de l’Environnement avant son tour de France en faveur des intérêts des promoteurs d’éoliennes.

S’il est assurément indispensable de concevoir une politique énergétique qui anticipe les besoins de l’avenir, il n’est pas moins indispensable de concilier certains impératifs pour que cette politique soit vertueuse. Et par politique vertueuse, entendons que la vertu soit celle que caractérisent des critères d’efficacités économique, sociale, environnementale et morale.

  • 1) La vertu économique serait celle qui créerait les conditions d’un enrichissement collectif et d’une élévation du niveau de vie pour s’adapter à l’évolution des besoins énergétiques, financiers et commerciaux du pays tout en y créant des emplois. On connaît les besoins énergétiques de la France.
    Dans un pays en crise et bientôt probablement en récession, la priorité n’est pas d’accroître coûte que coûte une production d’électricité, mais d’apprendre à gérer des ressources rares et à en optimiser la consommation. De la réduction des gâchis, si évidents dans notre société, il pourrait résulter une réduction des dépenses publiques, donc de l’endettement national, une réduction des importations d’énergie fossile et donc du déficit de la balance commerciale, et l’apparition de métiers nouveaux répartis sur tout le territoire, dès lors qu’existerait une volonté d’aider nos entreprises à répondre aux besoins du consommateur. Las !

En choisissant d’affecter l’essentiel des ressources financières à la seule filière éolienne, à hauteur de 40 à 80 milliards d’euros en 10 ans, le Gouvernement fait exactement le choix inverse : celui de d’augmenter la production énergétique inutile, celui d’importer massivement du matériel étranger, celui d’asphyxier les finances publiques par le creusement d’un déficit déjà abyssal et celui de renoncer aux emplois utiles par le subventionnement d’emplois dans d’autres pays.

  • 2) L’efficacité sociale devrait consister à créer des emplois, à améliorer ou à sauvegarder le pouvoir d’achat des citoyens, et à améliorer le cadre et la qualité de vie. Las ! Alors que le jeu normal de la concurrence entre filières énergétiques devrait conduire à trouver des solutions à moindre coût pour le consommateur, à commencer par la bénéfique mise en œuvre des techniques d’économies individuelles d’énergie (isolation des bâtiments existants, pompes à chaleur) ou l’optimisation des dépenses des collectivités locales, les énergies renouvelables sont utilisées comme prétexte à une intense politique de majoration des prix.

Ce n’est pas en triplant le coût de l’électricité produite (éoliennes terrestres) ou en le quintuplant (éoliennes en mer) que l’on améliorera le pouvoir d’achat. Aux tarifs réglementés outrageusement gonflés pour bénéficier aux promoteurs s’ajoutent dorénavant les taxes dissimulées comme la volontairement mal nommée « contribution au service public d’électricité ».
Le choix du tout éolien n’est rien d’autre que la prédation organisée du consommateur déjà pratiquée par ceux des acteurs de l’économie qu’enrichissent de simples prélèvements automatiques sur les comptes bancaires des particuliers. Si les fins de mois n’en seront que plus difficiles, ce ne sera paradoxalement que pour infliger à certains une détérioration sans précédent de leur qualité de vie en leur imposant les nuisances de milliers d’aérogénérateurs.

  • 3) Pour le moins s’attendrait on à ce que le bénéfice écologique soit incontestable : progrès dans la préservation du cadre naturel, réduction des gaz à effets de serre, limitation du halo lumineux, aide à la sauvegarde de la faune et de la flore. Las ! On a déjà assez dit à quel point les éoliennes ne sont que le massacre organisé de ce que l’environnement a de plus précieux : la destruction inconsidérée des plus beaux sites et des paysages, des fouilles sans précédent du sous-sol et la destruction des nappes phréatiques ou du milieu marin. Quant à l’accroissement des pollutions chimiques, il est indirect par le recours systématique à une électricité produite par ce qui reste d’énergie fossile polluante comme en Allemagne (premier émetteur de gaz à effet de serre d’Europe !) pour combler le déficit de rendement des aérogénérateurs, ou l’utilisation d’anti-fooling et d’huiles mécaniques en mer pour l’entretien des machines.

Pétrolier en perdition, photomontage (fonds de Reuters, Stefan Wermuth, et Amococadiz) Ceci pour produire de l’électricité brûlée à illuminer la terre de jour comme de nuit d’un constant halo lumineux conduisant à la perdition finale de la diversité aviaire, le broyage par les pales d’éoliennes d’espèces pourtant protégées achevant ce cycle mortifère. A l’évidence, on peut mieux faire en matière d’écologie ! A ce désastre, on doit ajouter la très probable perdition d’un ou de pétrolier(s) dans les zones d’exploitation d’éoliennes prévues en Manche. S’agissant du rail de trafic maritime le plus dense et le plus dangereux au monde, le naufrage de nouveaux Torrey Canyon ou Amococadiz souillant irrémédiablement les cotes de la Mer du Nord à l’Atlantique est une quasi certitude et sera d’autant plus catastrophique que seront impossibles les interventions de sauvetage dans un site miné de piliers monumentaux.

  • 4) Au moins, peut-on penser, la morale est sauve qui veut que les éoliennes évitent au monde la pénurie d’énergie. On aurait pu concevoir un grand débat national sur la diversité possible des solutions et consulter le peuple dans la plus grande transparence sur ses aspirations et la recherche des meilleures solutions. Las ! Par de multiples procédés, et sous la pression d’un unique lobby, les décisions ministérielles successives ont systématiquement fermé les voies d’une exploration rationnelle des solutions qui conduiraient à une production énergétique pérenne et respectueuse de l’environnement.

  • Exit les économies d’énergie, la biomasse, le réaménagement vertueux du territoire ! Si le démarchage commercial systématique des communes a précédé l’enrichissement de bien des élus après des implantations d’éoliennes, c’est parce que les pratiques les plus condamnables ont été utilisées. Ce n’est pas le fait du hasard, mais plutôt celui de l’ombre, si les tarifs réglementaires les plus élevés ont été attribués par l’Etat aux promoteurs pour subventionner massivement une filière structurellement déficitaire après avoir obtenu des avantages fiscaux taillés sur mesure. Et ce n’est pas par hasard si les ministres successifs de l’environnement font donner la voix de leurs services et ont mis sous coupe réglée les 24 préfets de région pour assurer les promoteurs de l’assistance sans faille d’un Etat pourtant au service de tous. Enfin, c’est aussi à l’issue d’un lobbying intense à la Commission Européenne qu’a été élaborée une directive sur les énergies renouvelables pour être ensuite dévoyée en France par un ancien ministre de l’environnement réputé « proche des milieux d’affaires ».

    Cette approche condamne les énergies renouvelables vertueuses au profit exclusif de celles qui ne le sont pas. Alors que les rares emplois induits par les éoliennes sont la plupart précaires ou délocalisés, et que déjà ont disparu plusieurs entreprises françaises citées un temps comme des modèles de création, l’annonce d’un million d’emplois par l’actuelle ministre ne peut-être que relever de l’incompétence ou de la fausseté. Rarement le débat dans la République aura été pareillement tronqué et la démocratie bafouée par la corruption des moyens.

    Alors oui, en optant pour un modèle économique du tout nucléaire qui ne dit pas son nom et en tentant de le dissimuler au prix fort, le Gouvernement et ceux qui le soutiennent (y compris en se prétendant dans son opposition) commettent une faute majeure. Car cette faute est quadruple : économique, sociale, environnementale et morale. Elle condamne la France à la ruine et à rater le train des opportunités d’une économie inventive de solutions et d’emplois futurs.

    Madame le Ministre de l’Environnement, la dénomination de votre ministère ne précise pas son objectif. Au moment où vous entreprenez un tour de France de soutien exclusif aux intérêts des promoteurs industriels et financiers de l’énergie éolienne, confirmez nous s’il vous plaît que votre ministère est bien celui de la défense de l’environnement et non celui de son anéantissement ! Merci.

    Arnaud Casalis

Recours de la FED contre l’appel d’offre national pour les éoliennes et dénonce les niches fiscales

Communication de la [icon style=”globe” color=”orange”]FED (Fédération Environnement Durable)[/icon] :

Un recours en vue d’obtenir le retrait de l’ appel d’offres ayant fait l’objet d’un avis de marché publié le 5 juillet 2011 au journal Officiel de l’Union européenne, a été déposé par la Fédération Environnement Durable, le maire du Tréport, les pêcheurs du Tréport, les riverains, et les associations concernées.(*1)
D’après les signataires, cet appel d’offre (*2) portant sur des installations éoliennes de production d’électricité en mer en France métropolitaine ne satisfait pas aux exigences de la concurrence et certaines dispositions seraient illégales car fondées sur un décret dont la légalité est contestable.

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Contacts Presse
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Hervé Texier
Tel : 06 89 58 70 27
vdcenpb@yahoo.fr
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Catherine Boutin
Tel : 06 10 28 71 12
catboutin@hotmail.fr
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Michel Broncard
Tel : 06 23 80 71 93
michel.broncard@orange.fr
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Informations

(1*) Associations des riverains concernés:

  • Noirmoutier
  • La Baule
  • Saint Brieuc
  • Arromanches (Association Port Winston Churchill)
  • Veulettes-Fécamp
  • Le Tréport

(2*)L’appel d’offre porte sur 3000 MW :

  • Estuaire de la Loire à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) sur 78 km2, pour une puissance maximale de 750 MW.
  • Baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) sur 180 km2, pour une puissance maximale de 500 MW.
  • Arromanches / Courseulles-sur-Mer (Calvados) sur 77 km2, pour une puissance maximale de 500 MW. (plages du débarquement).
  • Fécamp (Seine-Maritime) sur 88 km2, pour une puissance maximale de 500 MW.
  • Le Tréport (Seine-Maritime, Somme) sur 110 km2, pour une puissance maximale de 750 MW.
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    Précisions vis-à-vis de certaines critiques

    Quelques précisions s’imposent sur une information nécessairement tronquée par l’avocat qui représente le syndicat des promoteurs éoliens. Si la pollution visuelle est un élément d’opposition au projet, elle est très loin d’être la seule cause des opposants aux éoliennes.
    Le coût de l’électricité en mer est 5 fois supérieur à celui de l’électricité produite actuellement par les électriciens. La charge différentielle est financée par un dispositif totalement dérogatoire du droit commun qui fait payer le contribuable et le consommateur pour le fonctionnement d’une activité structurellement déficitaire. C’est en soi inacceptable socialement et économiquement une tromperie.

    Les pollutions marines sont largement sous-évaluées, comme les risques de sécurité maritime. Comme en témoignent les nombreux dépôts de bilan dans les activités industrielles liées aux énergies renouvelables, les annonces d’emplois sont souvent fictives et orientées sur la mise en place d’un dispositif fiscal et réglementaire favorable qui permet des profits faciles et à court terme en laissant à la charge de la collectivité les pertes à venir.

    L’appel d’offres est contesté car il est conçu pour favoriser l’obscurité de ce dispositif et les intérêts de ses bénéficiaires. Le mensonge des effets d’annonces se démontre facilement : on parle d’un projet de 3 000 MW qu’on compare à deux grosses centrales nucléaires : en fait, les installations n’ayant un rendement que de 25 % (à cause du vent), le projet ne pourra au mieux produire que l’équivalent d’une demi-centrale… et encore de façon aléatoire.
    Voici pourquoi et comment est gérée la désinformation.
    Elle justifie pleinement l’opposition à un projet aberrant.
    A.C.

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    Rappel

    Communiqué de presse de la FED du 31 août 2011

    Eolien : Cinquante milliards d’euros de déficit budgétaire pour la France

    Avec le programme éolien du Grenelle de l’environnement (*1) ce sont plus de cinquante milliards d’euros pris sur la facture d’électricité des Français qui sont en jeu.
    Cette production de kilowattheures subventionnés, et inutiles entrainera une hausse de plus de 30% du tarif de l’électricité des ménages alors que huit millions de personnes vivent désormais sous le seuil de pauvreté avec moins de 954 euros par mois.

    Les « niches fiscales issues du grenelle de l’Environnement seront concernées en cas de rabot général dans le cadre de la lutte contre le déficit public a déclaré hier sur France info Mme le Ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko Morizet » La Fédération Environnement Durable rappelle qu’elle avait déposé à la Commission Parlementaire sur l’éolien le 4 mars 2010 un dossier (*2) pour demander l’arrêt des tarifs anormaux, des subventions et niches fiscales qui profitent aux industriels de l’éolien et aux affairistes. (*3) Cinquante milliards d’euros d’économies représentent pour le budget de la France un montant cinq fois supérieur à celui de l’ensemble du programme de rigueur mis en place par le premier Ministre François Fillon (*3)

    Commentaires (*1)

    Programme éolien du Grenelle de l’Environnement Terrestre :

    • 19.000 MW = surcoût pour les ménages 2 milliards d’euros par an (programme du Grenelle)
    • Offshore : 6000 MW = surcoût de 1, 2 milliards d’euros par an
    • Construction et renforcement des lignes électriques : 5 milliards d’euros
    • Compteurs “Linksys” : 7 milliards d’euros
    • Démembrement des parcs éoliens : 2 à 4 milliards d’euros

    (*2) Commission Parlementaire sur l’éolien Note de réflexion sur les mesures d’urgence à prendre pour canaliser les abus de la filière dite éolienne ( Aérogénérateurs industriels) document
    (*3) Des niches fiscales de plus de 50 milliards d’euros pour la seule politique éolienne en France.

    La France s’est engagée depuis quelques années dans une politique de développement des énergies renouvelables ruineuses pour l’Etat, le contribuable et le consommateur. L’incidence des niches fiscales consenties au développement des seules éoliennes représente, selon les diverses estimations, un surcoût de 40 à 80 milliards d’Euros pour le budget de l’Etat en dix ans.

    Si l’intérêt de certaines de ces techniques est manifeste, il ne doit pas cacher que la politique énergétique résultant du « Grenelle de l’environnement » a comme ressort principal la recherche d’avantages tarifaires et fiscaux par un petit nombre d’acteurs économiques agissant dans le cadre d’un lobby particulièrement actif.
    Les niches fiscales obtenues par ce lobbying profitent à un tout petit nombre de promoteurs (déduction totale de leurs investissements de l’impôt sur les sociétés notamment), de financiers (exonération des placements financiers et de plus-values de cession), et d’agriculteurs (abattements et déductions totalement dérogatoires sur leur chiffre d’affaires ou leurs revenus concernant moins de 1% parmi les plus riches d’entre eux).

    L’éolien français constitue donc une bulle spéculative sur fonds de paradis fiscal dont l’effet est de multiplier de 3 fois (éolien terrestre) à 5 fois (éolien marin) le prix de production de l’électricité en France en mettant de surcroît de façon totalement injuste le consommateur à contribution.
    Dénonçant ces pratiques depuis des années, la FED se réjouit que, à la suite des avertissements successifs de la Commission de Régulation de l’Energie, de la Cour des Comptes et de l’Inspection Générale des Finances, le Ministre de l’Ecologie Madame Kosciusko Morizet ait pris conscience du caractère inacceptable de ces avantages fiscaux et tarifaires en soulignant qu’un effort supplémentaire doit être fait par les acteurs du secteur.

    La FED rappelle son attachement à la neutralité fiscale en matière énergétique et au respect du contribuable et du consommateur en demandant à l’Etat le renoncement total à toute forme d’incitation injuste pour la promotion des éoliennes.

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    Remarque d’actualité

    Déclaration de P. Devedjian au congres UMP de Marseille concernant l’eolien..
    [icon style=”globe” color=”green”]http://www.patrickdevedjian.fr/dans-la-presse/179-qla-situation-exige-un-grand-projet-de-societe-je-ne-le-vois-nulle-partq-le-monde-3-septembre-2011[/icon]

    Q : Où trouver des recettes ?
    – Je propose de diminuer la dotation de l’Etat d’une dizaine de milliards en contrepartie de la restitution de l’autonomie fiscale des collectivités locales. On peut privatiser des autoroutes, ouvrir davantage le capital d’EDF, celui de RTE. Par ailleurs, il faut cesser de subventionner des secteurs économiques non rentables, comme la cogénération ou l’éolien. Car de fait, l’Etat finance des grandes entreprises comme Suez, Veolia et d’autres, qui n’en ont vraiment pas besoin. Enfin il me paraît inutile de continuer à subventionner la réduction du temps de travail, au moins auprès des grandes entreprises.

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    {MAJ} Les réactions à cette annonce dans les médias

    www.energie2007.fr Interview d’Hervé Texier, vice président fondateur de la FED :
    [icon style=”globe” color=”orange”]http://www.energie2007.fr/actualites/fiche/3525/cahier_charges_appel_offres_eolien_offshore_recours_fed_080911.html[/icon]