L’Adermob reconnue au sein du SRACE Auvergne

Courrier en provenance de l’association Adermob qui a été récompensée pour ses apports de qualité à la question économique et éolienne dans la montagne bourbonnaise et dont les travaux sont salués par la Cour des Comptes elle même (voir page des études) :

Notre association a été reconnue comme interlocuteur par Monsieur Francis Lamy, Préfet de la région Auvergne, et habilitée à participer à la prochaine consultation du SRCAE Schéma régional climat air énergie, début 2012.
Ce schéma et son volet éolien en particulier lui seront donc soumis pour consultation début 2012. Un certain nombre d’habitants de la région souhaitent obtenir des informations ou émettre un avis sur ces projets, dont quelques-uns nous concernent directement, dans notre patrimoine et notre cadre de vie, ainsi que nos enfants.
Il s’agit d’actions de développement durable. « On n’hérite pas d’une terre, on l’emprunte à ses enfants ».

Les personnes intéressées par ces projets et leurs conséquences sur notre vie quotidienne, le respect de nos territoires ou leur coût dans notre fiscalité peuvent nous contacter par courrier ou par messagerie électronique aux coordonnées en bas du présent avis.

Ludovic Grangeon
« Poncet »
03250 La Chabanne
adermob@adermob.org

Le SRCAE Auvergne : déception et frustration

Energie durable et propre, sans déchets toxiques ou radioactifs, l’éolien semble être la solution parfaite. Et pourtant, l’éolien industriel a ses détracteurs. Parmi eux, le Collectif Stop-Éole, qui compte plus d’une soixantaine d’associations auvergnates, et son représentant, François Leloustre. Il conteste le futur schéma éolien -coélaboré par la Région et le Préfet- et ses 300 nouvelles éoliennes qui devraient s’ajouter aux 102 déjà existantes en Auvergne (dont 41 en Haute-Loire).

La montagne et la campagne comme poubelles

Sur le fond d’abord. Principale revendication : une nouvelle étude du vent car celle qui a été menée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) est, “une surestimation grossière de plus de 40% de la vitesse du vent”, selon lui …[icon_link style=”globe” color=”green” href=”http://www.zoomdici.fr/actualite/Un-vent-anti-eolien-en-Auvergne-id113541.html” target=”_blank”]Retrouvez le suite sur le site de www.zoomdici.fr[/icon_link]

Elus de la république réveillez vous !


Depuis 2009 nous avons tenté en vain de vous alerter sur le manque de cohérence et de visibilité de notre politique énergétique en dénonçant les erreurs d’appréciation sur les enjeux et impacts de l’éolien industriel dans notre département et notre région. D’ailleurs nombre de nos éditos étaient titrés : €olien industriel : quel avenir pour nos territoires ruraux ?

A défaut de réponses pertinentes et engagées de la part de nos chers représentants, le schéma régional éolien dont la seule et unique réunion s’est tenue dernièrement à Clermont a semble t-il tranché. En effaçant de la carte pour la circonstance l’identité paysagère que représentent nos bocages (remplacés par un vaste plateau) 95% des communes de notre département deviennent des zones favorables à l’éolien. Dans une des régions les moins ventées de France, cela pourrait prêter à sourire si les conséquences pour l’économie de nos territoires n’étaient pas si désastreuses.

C’est également une contradiction de plus, quand on sait que les énergies renouvelables étaient présentées comme des unités de productions déconcentrées, situées au plus proche des lieux de consommation.
Mais l’Allier est certainement vouée à un développement démographique sans précédent, avec aujourd’hui ses 400 Mw thermiques, et demain ses centrales d’éoliennes industrielles à perte de vue.

 Certes, il faut assurer la transition énergétique, mais ne nous trompons pas de modèle ou d’énergie renouvelables et concentrons tous nos efforts dans ce domaine, sur les économies d’énergies, seule piste durable, économiquement viable et véritable gisement d’emplois locaux. Nous rappellerons ici les arguments contenus dans un rapport du centre d’analyse stratégique de novembre 2009 intitulé  « Le pari éolien » :
« L’écart entre le coût calculé et le tarif d’achat conduit à un surcoût pour la collectivité qui, ramené aux émissions évitées, représenterait entre 230 et 280 euros par tonne de CO2 pour les éoliennes terrestres, et pourrait atteindre jusqu’à 490 euros pour celles implantées en mer. À titre de comparaison, le coût budgétaire de l’intervention publique est évalué à 2 euros par tonne de CO2 réduite pour l’isolation thermique des parois opaques, à 31 euros pour la mise en place de chaudières à condensation et à 97 euros pour la mise en place de pompes à chaleur géothermales, soit beaucoup moins que le coût d’abattement des éoliennes. »

En ces temps de disette organisée des fonds publics , d’emprunts toxiques (contractés par 5500 collectivités territoriales) et de crise économique incontrôlable nous devrions au contraire nous orienter vers une reforme structurelle de nos investissements.
Nul n’a la capacité financière en ce moment de se lancer dans les investissements hasardeux, voire spéculatifs, et qui de surcroit ouvrent des niches fiscales considérables.
La défiscalisation pour une seule éolienne représente l’équivalent de l’impôt sur le revenu de 6000 ménages.
A l’heure où tous les scénarii à 2050, donnent une faible part de progression des énergies renouvelables, la France fait le choix aveugle de l’éolien, et de l’écologie libérale, sans tenir compte du réel potentiel des ses territoires.

Notre extraordinaire richesse patrimoniale, nos paysages remarquables seront sacrifiés et tous les efforts consentis pour développer le tourisme seront anéantis au profit d’une idéologie dominante.

Et que penser des surcouts et du renchérissement du prix de l’énergie que devront supporter consommateurs et contribuables au nom de la sacro sainte libéralisation des services.

Nous ne reconnaissons plus le département, la région dans lesquels nous avons choisi de vivre, nous ne nous reconnaissons plus dans nos élus censés défendre les intérêts de leurs administrés.

La densité et la démographie des zones rurales doivent -elles être les seuls critères retenus pour l’aménagement du territoire ? Nous ne le pensons pas.

Ne laissez pas bafouer l’intérêt général pour satisfaire quelques intérêts particuliers.

Certains élus français ont assigné la banque Dexia en justice pour « escroquerie en bande organisée », n’attendez pas 15 ans pour tirer les mêmes conclusions de l’éolien industriel.

Madame, Messieurs les élus, indignez vous !

Pascal Bonnefoy

SRACE Auvergne : le schéma dévie de ses objectifs

Suite à la réunion du mardi 20 septembre 2011 consacrée au schéma éolien dans le cadre de l’établissement du SRCAE (schéma régional climat-air-énergie), le Collectif Auvergne Stop-Éole fait les remarques suivantes :

  • 1) La décision unilatérale de la DREAL d’installer 800 MW-soit 400 éoliennes supplémentaires de 2 MW et 140 mètres de hauteur – ne peut être supportée par la Région Auvergne qui compte à ce jour 102 éoliennes pour une puissance de 176 MW. Les nuisances paysagères sont très importantes: Mézenc, Deves, Cézallier, Margeride, Montagne Bourbonnaise sont impactées. Plus de 50 éoliennes sont en covisibilité en certains lieux. Malgré les controverses, les nuisances sonores sont avérées. La cohésion sociale est entamée dans les communes sous les éoliennes. Il ne faut pas multiplier par 5 tout ce gâchis!

Observation 1: Le Collectif Auvergne Stop-Éole refuse les 800 MW imposés.

  • 2) La loi de 2005, en créant les ZDE, a voulu éviter le mitage éolien. Or, en Auvergne, dans de nombreuses communautés de communes, les projets de ZDE sont constituées de plusieurs zones non connexes . La loi est donc contournée. Pour éviter cette prolifération anarchique, en 2011, le législateur a imposé l’établissement, pour chaque région, d’un schéma éolien. Or le schéma présenté le mardi 20/09/2011 ne répond pas à cette volonté. Plus de 60% du territoire auvergnat est déclaré zone favorable à l’éolien! Exclure une faible partie du territoire n’est pas une planification. Le schéma donne une liste de communes où l’éolien n’est pas interdit alors qu’il devrait indiquer les seules communes “favorables”. Le schéma éolien ne joue plus son rôle.
    La seule justification donnée à cette décision est qu’il faut laisser la plus grande liberté aux promoteurs et aux communautés de communes. A quoi sert donc ce schéma? Nous contestons cette manière de procéder.
    S’il est refusé de diminuer très nettement le nombre de communes favorables,

Observation 2: Le Collectif Auvergne Stop-Éole demande une limitation ferme du nombre de ZDE par département.

  • 3) Pour préciser ce que veut dire protection des monuments historiques, il faut rappeler que la loi dite des 500 mètres a été promulguée pour éviter la construction de maisons dont l’aspect nuirait à la beauté spécifique du monument protégé. Considérant qu’une maison a une hauteur de 7 mètres et qu’une éolienne atteint désormais 140 mètres, soit 20 fois plus, il faut donc une distance 20 fois plus grande que 500 mètres. (cf. rapport Ollier) Aussi nous demandons que le schéma soit complété par ces obligations:

Observation 3: Le Collectif Auvergne Stop-Éole demande.

  • 1) pas d’éolienne à moins de 10 km d’un monument classé ou protégé
  • 2) Pas d’éolienne à moins de 10 km de la limite d’un site classé.
  • 3) Pas d’éolienne dans les parcs naturels.
  • 4) Pas d’éolienne à moins de 3 km des zones humides,des zones Natura2000, des znieff, des zico et des zppaup.
  • 4) L’Auvergne est connue et c’est sa spécificité, pour ses paysages volcaniques montagneux. Au cas où des éoliennes seraient construites en altitude, nous demandons une limitation de leur hauteur.

Observation 4: Le Collectif Auvergne Stop-Éole demande que la hauteur du rotor d’une éolienne construite à plus de 900 mètres d’altitude, ne dépasse pas 60 mètres.

  • Pour une éolienne construite à une altitude inférieure, cette hauteur ne doit pas dépasser 80 mètres.
    La «loi Montagne» doit être respectée dans son intégralité; une éolienne n’est ni un équipement public ni une installation publique.
  • 5) Enfin, la protection des populations étant pour le moins aussi importante que celle des monuments et paysages, nous demandons que les recommandations de l’Académie de médecine soient mises en pratique.

Observation 5: Le Collectif Auvergne Stop-Éole demande que toute éolienne de 2 MW et plus soit à une distance minimale de 1500 mètres de toute maison à usage d’habitation et de toute zone habitable.

  • 6) La volonté du Grenelle II est celle d’une production à proximité immédiate des lieux de consommation ce qui évite de construire de nouvelles lignes moyenne et haute tension,

Observation 6: Le Collectif Auvergne Stop-Éole demande que les centrales éoliennes soient construites à proximité des zones industrielles grandes consommatrices d’électricité, soit dans des friches industrielles comme l’avait souhaité Monsieur le Président de la République ou dans des zones déjà dévolues à l’industrie.

Il n’est ni logique ni acceptable que ce soit le seul monde rural qui se voit imposer des contraintes inutiles et nuisibles. Nous proposons pour l’Auvergne, région d’élevage par excellence, le développement de la méthanisation. Ce moyen de production d’énergie renouvelable et décentralisée, parmi les plus intéressants, peut être intégré à la plupart des bâtiments d’élevage de plus d’une centaine de bovins.
Il est aussi indispensable de promouvoir la filière bois-énergie pour laquelle la Région a tous les atouts.

  • 7) Si la construction d’éoliennes supplémentaires augmentera (un peu) la production auvergnate d’électricité, elle ne diminuera en aucune façon la consommation d’énergie fossile (gaz, pétrole).
    Ces constructions ne responsabilisent absolument pas les citoyens. Par ailleurs, 800 MW éolien correspondent à un investissement de plus d’un milliard d’euros dont le coût est répercuté sur la collectivité. Avec une telle somme, il serait bien plus écologique, bien plus citoyen, bien plus responsable d’aider à l’installation de milliers de chauffe-eau solaires et de chaudières au bois dans les immeubles collectifs et les maisons individuelles. Le gain énergétique serait nettement supérieur, l’émission de gaz à effet de serre et la facture énergétique de la France en seraient grandement diminués. Il vaut mieux importer moins de pétrole et de gaz plutôt qu’acheter à l’étranger (Chine), 400 éoliennes à plus de 2 millions d’euros pièce.

Observation 7: Le Collectif Auvergne Stop-Éole demande un moratoire sur la construction de nouvelles éoliennes industrielles tant qu’un bilan financier, écologique et humain ne sera pas fait au niveau régional.

  • 8- Le Collectif interroge Monsieur le Président de la Région et Monsieur le Préfet sur un dernier point qui n’est pas le moindre.
    Quelle(s) énergie(s) de substitution? En cas d’anticyclone, de givre ou de vent trop violent, les 800 MW sont parfois ramenés à 8 MW. Dans ces conditions, nous vous demandons si vous comptez avoir recours à de nouvelles centrales à gaz (ou à charbon) pour répondre à la demande et équilibrer le réseau. Une Région responsable et juste ne peut éviter de répondre à cette question.

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Lettre de Francois Leloustre, Collectif Auvergne Stop Eole à monsieur le président de la région Auvergne

Objet: Schéma régional-volet éolien.

à Monsieur le Président de la Région Auvergne

Monsieur le Président,

Au nom du Collectif Auvergne Stop-Éole qui compte plus de 60 associations des quatre départements auvergnats, je vous ai adressé ces deux dernières années divers courriers qui vous demandaient entre autres, de bien vouloir nous recevoir. A ce jour, ces courriers sont restés sans réponse.

Il y a parmi les membres de ce Collectif, non seulement des hommes et des femmes de terrain, observateurs et parfois victimes du fait éolien, mais encore des juristes, des professeurs, des scientifiques, des chercheurs, des sociologues. Vous ne pouvez continuer à les ignorer et refuser de les entendre.

Aujourd’hui se prépare le schéma régional éolien sur lequel vous aurez à vous prononcer. Ce schéma prévoit 400 machines qui s’ajouteront aux 102 déjà construites. En Haute-Loire 41, dans le Puy de Dôme 27, dans le Cantal 25 et dans l’Allier 9. Nous voulons avant toute décision de votre part attirer votre attention sur des critères que nous considérons intangibles.

  • 1) Que soit effectuée une nouvelle étude du vent, celle apportée par l’ADEME n’étant pas satisfaisante comme nous l’avons montré.
  • 2) Que soit respectée de façon incontournable la protection des paysages emblématiques auvergnats, des sites et monuments remarquables en appliquant une distance d’éloignement de 10 km, la loi des 500 mètres étant obsolète pour des éoliennes de plus de 140 mètres de hauteur.
  • 3) Que soit effectué un bilan financier, énergétique et écologique de la production éolienne des sites existants. Un audit sur le site industriel d’Ally-Mercoeur s’impose. Vous ne pouvez engager votre responsabilité en laissant s’installer un énergie coûteuse (plus d’un milliard d’euros) sans en connaître les avantages éventuels et les inconvénients réels.
  • 4) Que soit engagée une réflexion sur la fracture du lien social et la dévaluation financière des zones impactées.
  • 5) Que les lieux d’installation des centrales éoliennes soient choisis à proximité des lieux de consommation (zones industrielles). Il n’est pas acceptable que les villes consomment et gaspillent et que la campagne et la montagne lui servent de «poubelles».

A nouveau, nous vous demandons que vous acceptiez enfin de nous recevoir et bien évidemment avant que soit finalisé le schéma régional éolien.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments très respectueux.

François Leloustre
Collectif Auvergne Stop-Éole>