Témoignage sur la question éolienne par un “Ancien soixante-huitard pur et dur”

Je suis, du moins en théorie, membre du CIT (conseil d’initiatives du territoire) du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne.

Ancien soixante-huitard pur et dur, doté de mon brevet de précurseur de l’écologie par mon abonnement à la « Gueule Ouverte », journal écologique politique qui fut fondé en novembre 1972 par Pierre Fournier, je me devais d’être un pro-éolien convaincu.

« Oui, mais ça, c’était avant… », comme le clame une pub pour célèbres lunettes.

« Avant » que je sillonne, pour raison professionnelles, l’Europe du nord, entres autres l’Allemagne et le Danemark.
La poésie sublime des champs d’éoliennes le long de la Baltique me laissais quand même assez perplexe quand à leur esthétique, mais enfin, me disais-je, pourquoi pas, c’est « écolo » et ils sont chez eux …
« NIMBY », « Not In My Backyard » (Pas dans mon jardin) comme le disent si bien mes amis anglo-saxons …

J’avais bien aussi entendu parler des protestations des polonais quand les vents d’ouest leur amenaient les pluies acides générées par les centrales au lignite de leurs voisins allemands.
Ben oui, quand il n’y a pas de vent, il faut bien compenser …
Mais enfin, la Pologne, c’est si loin …

« Avant » surtout, qu’un jour de février 2009, je monte vers l’un de mes coins favori pour la photo : le Plateau du Cézallier.
Je n’y étais pas venu depuis bien longtemps …
Pour ceux qui ne connaissent pas, le Cézallier fait partie du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne.
Il est situé dans le Massif central, entre les monts Dore et les monts du Cantal, et est à cheval sur deux départements, le Puy-de-Dôme et le Cantal.
Les grands espaces découverts du Cézallier forment un terrain de chasse idéal pour le chasseur d’image que je suis.
C’est une terre d’estive, un espace magnifique, à la beauté sauvage et grandiose.
Enfin, je devrais dire, « c’était » …

En effet, au cours de cette balade, j’ai découvert une nouvelle flore, une plantation de végétaux étranges, de fer et de béton, qui écrasent tout de leur taille imposante, entre 80 et 100 mètres de haut.
Et cela s’étalait depuis Roches-Charles-La-Mayrand, le long de la D127, puis le long de la D32, depuis la hauteur de Vénèche jusqu’au lieu dit la Baraque.
Combien il y en avait il ? je ne sais, je ne les ai pas compté.
On ne voit plus qu’elles, ces moulinettes disgracieuses et dispendieuses.

C’est là, en l’espace d’un après-midi, le 20 février 2009, je suis devenu un farouche opposant à cette arnaque, je suis devenu ce qu’ « ils » appellent, un « impérialiste paysager ».

  • Cette énergie soi-disant propre, qui oublie de dire qu’elle a un facteur de charge compris entre 19 et 21%.
  • Cette énergie soi-disant propre, qui oublie de dire que quand elle ne peut produire, elle doit faire appel à des énergies de substitution, gaz, fuel, charbon, grands pourvoyeurs en CO².

Par exemple, les Allemands, avec 10 tonnes de gaz carbonique émises par habitant et par an contre 6 pour nous, soient les plus grands pollueurs d’Europe pour avoir appliqué la politique de leurs « grünen » …
Et je ne parle pas du démantèlement de ces machines, lorsqu’elles seront arrivées en fin de vie …

Si les éoliennes sont surtout très lucratives pour ceux qui les installent, les promoteurs qui les auront implantés seront loin de là, fortune faite grâce aux gogos qu’ils auront endormis, quand il faudra les démonter.

Plutôt que de sacrifier à ce diktat qui fait fi de notre patrimoine paysager, et sans refuser pour autant des modes de production énergétique qui ne font pas forcément appel à la fission nucléaire, il faut savoir que chez nous en Auvergne, nous disposons d’une énergie renouvelable qui est l’hydroélectricité.

L’hydroélectricité auvergnate représente quelque 2 millions de MWh, soit 3 % de la production hydroélectrique nationale.
Un moyen de produire de l’électricité, qui serait jouable chez nous, mais qui n’est pas encore exploitée, serait la géothermie profonde. Voir les travaux effectués dans ce sens à Soultz-sous-Forêts, en Alsace.

J’ajouterai simplement ceci à mon (long) commentaire :
Si on met le préfixe « écolo » devant n’importe quelle ânerie, ladite ânerie devient illico vertueuse et par conséquent ceux qui s’y opposent ou qui la discutent sont diabolisés.

Cordialement à tous.

Didier Chateau.

Appel de monsieur Frédéric Mitterand aux préfets sur la question éoliennes et la destruction des paysages naturels

[blockquote align=”center” cite=”Frédéric Mitterand, ministre de la Culture”]Dernier enjeu, d’importance, dans les mois et les années à venir : celui de la préservation de nos paysages. Je sillonne très régulièrement et fréquemment la France. Je suis souvent très inquiet de voir à quel point notre cadre de vie se dégrade, que ce soit par le biais de champs d’éoliennes anarchiques, visibles à des kilomètres à la ronde (alors que beaucoup de schémas départementaux cohérents avaient été établis avec les Services territoriaux d’architecture et du patrimoine), ou par des abords de ville dénaturés et bardés d’enseignes et de constructions sans ambition esthétique. Le ministère de la Culture, avec ses services en région, a un rôle à jouer. Il ne pourra être entendu sur ces sujets, et suivi, que grâce à vous.
Je fais solennellement appel à vous pour que vous teniez compte de la préservation des paysages dans l’ensemble des décisions que vous êtes amenés à prendre dans l’exercice de vos missions.[/blockquote]

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Le texte complet sur www.culturecommunication.gouv.fr