Linky le compteur électrique communicant débarque … mieux financé, mais avec quelques risques pour la vie privée.

Le projet Linky, lancé par ERDF en 2007, fut lancé en 2007 pour remplacer les anciens compteurs électriques par des modèles «communicants» aux alentours de 2010. Ces compteurs offrent l’avantage de ne plus avoir à être relevés manuellement et permettent un meilleur équilibrage du réseau.

A l’époque, en 2007, il était question de faire financer son déploiement par les consommateurs d’électricité à hauteur de 400€ par foyer. Devant la levée de bouclier, le projet avait été ajourné et les 35 millions de foyers français ne furent pas équipés.
La commission de régulation de l’énergie à donc lancé en 2010 une expérimentation en Indre et Loire sur 300 000 compteurs. Le 2 septembre 2010, Jean Louis Borloo signait le décret annonçant un déploiement en janvier 2012.

Le Collectif Allier Citoyen avait déjà dénoncé ce mode de financement du compteur Linky. Aujourd’hui, Eric Besson, le ministre de l’énergie, veut généralise ce compteur avant l’été (Les Echos, 22 septembre 2011, page 22). Heureusement pour les contribuables, ERDF va assurer le financement de l’opération et se rémunérera sur l’optimisation de son réseau et enfin, sur la fin des fraudes.
En échanges, pour être certain de toucher les recettes de Linky, ERDF veut également obtenir les concessions de distribution de ces compteurs pendant 20 ans.
Effectivement, estimé à 4 milliards d’euros, le projet de compteurs Linky, représente un sacré paquet d’emplois (10 000 par an selon ERDF).

Le législateur semble confiant sur le fait que Linky bénéficiera au consommateur. En effet, grâce à la fonction communicante de Linky, l’opérateur pourra sensibiliser en direct les consommateurs sur leur consommation d’électricité.

Linky serait il un pirate ?

Comme toute bonne idée à son revers, Linky à une faille : il est communicant. Que ce soit par ligne téléphonique ou par courant porteur, un protocole de communication en langage informatique circulera entre ERDF et le compteur installé dans les ménages français.
Comme le souligne l’article des Echos, il existe donc un risque important de piratage des données sensibles envoyées par ces compteurs pour connaître la consommation des ménages, voir plus.

En effet, avec la multiplication des appareils connectés au sein des foyers français, il n’est pas impossible de penser à une prise de contrôle d’appareils à l’intérieur même de l’installation domestique.
Attention, cela ne veut pas dire que votre grille-pain va se mettre à faire des bonds tout seul. Cela veut dire que des appareils électroniques, utilisant le courant pour communiquer avec d’autres appareils, seraient susceptibles d’être détournés (réfrigérateurs intelligents, robots de nettoyage, téléphones par courant porteur, etc … ).

Ce risque de piratage est réel et confirmé par Christophe Alexandre Paillard, directeur des affaires juridiques de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés).
Ainsi, la CNIL craint une potentielle prise de contrôle des terminaux Linky, ou en tout cas, des clients.

Jean
Webmestre du Collectif

Les nouveaux compteurs d’électricité intelligents Linky : 120 à 240€ à la charge du consommateur

Un comité de suivi pour le compteur électrique intelligent Linky

Un comité de suivi pour tirer les enseignements de l’expérimentation du nouveau compteur électrique communiquant Linky va être mis en place très prochainement, a déclaré Eric Besson, ministre de l’énergie, à l’occasion de l’ouverture du colloque de la mission Ecoter sur les réseaux intelligents le 27 janvier.

Ce nouveau compteur doit faciliter la relève des consommations d’électricité (dans le JDLE). « Demain, les compteurs seront remplacés par des compteurs Linky. Ces compteurs de nouvelle génération communiqueront avec le système d’information d’ERDF », précise la filiale à 100 % d’EDF.

Ledit comité devra étudier les résultats de l’expérimentation, lancée en mars dernier. ERDF et des prestataires privés devaient installer 300.000 compteurs (200.000 dans l’agglomération lyonnaise et 100.000 en territoire rural sur 150 communes d’Indre-et-Loire). Hélas, ce quota ne sera pas atteint, et le nombre serait limité à 270.000 Linky. Mais, selon différentes sources concordantes, les performances attendues ne sont pas au rendez-vous. Moins de 6.000 compteurs nouvelle génération seraient capables de transmettre les informations attendues et d’en recevoir de la part du gestionnaire de réseau de distribution.

A l’issue de cette expérimentation et sur la base d’un retour d’expérience, le gouvernement et la Commission de régulation de l’énergie (CRE) se prononceront sur la généralisation de ce système à tout le territoire français. « En cas de feu vert, ce sont alors près de 35 millions de compteurs qui seraient remplacés, en 5 ans, par des compteurs Linky », selon ERDF. Ils devraient totalement remplacer les boîtiers actuels d’ici 2020.

En septembre 2010, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) avait pointé du doigt les nombreuses interrogations qui se posent à propos de Linky (dans le JDLE). Le coût de l’opération était estimé incertain, selon la FNCCR. Si ERDF évalue entre 120 et 240 € le prix unitaire d’un compteur Linky, soit entre 4 et 8 milliards € pour 35 millions de compteurs, la facture sera intégralement payée via le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe), c’est-à-dire par les seuls consommateurs. Il serait donc opportun d’étudier d’autres sources de financement (distributeurs, fournisseurs…), selon la Fédération.

Dans une note confidentielle, l’Ademe avait aussi estimé que Linky ne permettait pas aux consommateurs de maîtriser leur consommation d’électrons. Une critique réitérée mercredi 26 janvier par Philippe van de Maele, lors des Assises de l’énergie de Grenoble. « Ce compteur n’a rien d’intelligent. Il n’apporte rien en ce qui concerne la maîtrise de la demande d’électricité. Et son modèle économique n’est pas d’une clarté absolue », a dit le président de l’Ademe (dans le JDLE).

Le 28 janvier 2011 par Célia Fontaine, Journal de l’Environnement