Les pertes réseaux dues à l’éolien largement sous-estimées, les hausses de tarifs également

Ludovic Grangeon, enseignant chercheur en économie à l’ESDES Lyon, président de l’Adermob :

Une ligne haute tension de raccordement d’un parc éolien peut facilement atteindre 20% de pertes de réseau en raison de son éloignement.

Le chiffre annoncé est toujours de 2.5% “moyenne nationale” de pertes de réseau français, mais on oublie de dire que ce chiffre est net après rachat de ses propres consommations de réseaux par Électricité Réseau Distribution France (ERDF) et Réseau de transport d’électricité (RTE), le vrai chiffre national étant entre 7 et 8 % de pertes physiques. (ci-joint un [icon_link style=”link” color=”green” href=”http://www.allier-citoyen.com/wp-content/uploads/2012/01/rapport-perte-energiesRTE-jmars-2010.pdf” target=”_blank”]rapport peu connu de la Commission de Régulation de l’Energie sur les pertes réseaux électrique[/icon_link]).

De ce fait: les promoteurs éoliens recherchent des sites isolés à faible population, facilement investis par la faiblesse de leur population et de leurs élus locaux. Ces sites sont éloignés, et donc accroissent les pertes.
Comme en général une ligne unique est tirée, elle fonctionne donc à plein régime, ce qui multiplie d’autant la perte, souvent proche de 15 à 20% dans ce cas.

Conclusion: soit un parc éolien de 20 MW: sa production n’atteint au mieux que l’équivalent de 4 MW/h par an (20%), qui de plus n’arrivent pas au moment où on en a besoin, et cerise sur le gâteau, ce ne sont même pas ces 4 MW/h qui arrivent au consommateur mais au mieux 3.5 MW/h au pire 3 MW/h. Tout cela à 8.5 cts/kw sans compter la CSPE, TURPe et autres parataxes !

Les tarifs EDF revus à la hausse à cause de l’éolien

Je rappelle qu’un tarif blanc EDF déjà considéré comme surtaxé dans les options “Tempo” qui tiennent compte de l’effacement des jours de pointe, et donc de l’incapacité de l’éolien à fournir ces jours là, est de 12cts/kwh. Tarif qu’il faut AJOUTER au tarif éolien, puisqu’il correspond aux moyens de production mis en place pour produire de l’électricité 80 % du temps où l’éolien ne marche pas (centrales thermiques à gaz, charbon) soit donc de l’ordre de 20 cts/kwh.

Le tarif rouge d’effacement est 22 jours par an de 50 cts /kwh, ce qui en fait ces jours là un montant EFFRAYANT cumulé à un peu moins de 1 € le KW/h !
Puisque le coût de l’investissement doit être ajouté au coût de la consommation, cet investissement n’existant qu’en raison des éoliennes qui ne produisent pas tout le temps.
REGARDEZ VOTRE FACTURE D’ELECTRICITE ET VOUS ALLEZ VRAIMENT COMPRENDRE.

Les chiffres annoncés par Didier Migaud, Président de la Cour des Comptes, lors de son audition sur les suites de Grenelle par l’Assemblée Nationale le 18 janvier sont donc faux et largement sous estimés. Je vais prendre soin de lui écrire pour le lui signaler, démonstration à l’appui, avec tout le respect que je lui dois ainsi qu’au rapporteur général Carrez.

C’est ce que Gérard Mestrallet appelle payer trois fois la même électricité, sauf que le prix final peut aller jusqu’à DIX.
D’ailleurs, c’est exactement le raisonnement que le Gouvernement britannique est en train d’adopter avec
une division jusqu’à dix des tarifs de rachat de l’éolien dans le scenario en cours d’étude, sous la pression de plus de soixante députés furieux qui appartiennent pourtant au même clan politique. ([icon_link style=”globe” color=”green” href=”http://www.yorkshirepost.co.uk/news/at-a-glance/main-section/tory_mps_urge_cameron_to_cut_subsidies_for_windfarms_1_4179099″ target=”_blank”]www.yorkshirepost.co.uk[/icon_link])

Quand je pense au pognon que l’on a mis à enterrer les « affreux » poteaux électriques pour complaire à d’aucuns qui aujourd’hui sont prêts à couvrir tout le pays d’inutiles moulins à vent

Paru dans la revue Politis. Témoignage d’un haut responsable d’ERDF :

« Et que dire (…) de ces écologistes pas foutus de faire la différence entre une puissance et une énergie(…), qui gueulent contre un pylône de quelques dizaines de mètres de hauteur supportant un transit de plusieurs milliers de mégawatts, alimentant un million de personnes, et une poussive éolienne 120 m de haut ; de 1 ou 2 mégawatts, fournissant de quoi alimenter quelques centaines de pékins, et encore quand il ne fait ni trop froid, ni trop chaud, un groupe thermique devant (Onéreusement) être entretenu et maintenu à « chaud » pour parer à ces défaillances d’origine anticyclonique…

Evidemment, j’ai le tort de savoir de quoi je parle, je supervise des réseaux électriques depuis un quart de siècle, je sais ce que consomment des villes ou des usines, je sais faire la différence entre un transformateur et un alternateur, je sais parfaitement ce qu’ingurgitent les jolis trains et tramways dont les teigneux écologistes veulent parsemer le territoire, et que l’on devrait impérativement raccorder seulement aux chouettes éoliennes et aux sympathique panneaux solaires qui seraient la panacée en termes de production électriques !

(Quand je pense au pognon que l’on a mis à enterrer les « affreux » poteaux électriques [De 12 m de haut] pour complaire à d’aucuns qui aujourd’hui sont prêts à couvrir tout le pays d’inutiles moulins à vent [Dix fois plus haut, avec 1500 tonnes de béton au pied, et une voie lourde pour y faire parvenir la nécessaire grue de montage et d’entretien, 30 ou 40 cm d’épaisseur…] »

Les éoliennes de la montagne bourbonnaise en rade : le courant coupé et le pays dans le noir.

Des consignes de silence entourent la grave panne des éoliennes du Chemin de la ligue, en face du village de La Chabanne en Montagne Bourbonnaise, qui va durer plus d’un mois selon les estimations de certains techniciens rencontrés sur place alors que les autorités locales parlaient de 48 h.

Le pays entier de la Montagne Bourbonnaise a été plongé brutalement dans le noir à deux reprises cette semaine, panne générale provoquée par les éoliennes. Depuis, les huit éoliennes du chemin de la Ligue en Allier restent immobiles à l’arrêt et dans le noir sans aucune explication. Elles n’ont même plus de balises lumineuses, ce qui oblige sans doute les avions à détourner leur route pour cause de sécurité, et aussi qu’elles n’ont aucun dispositif de secours.

Cette panne est d’autant plus bizarre qu’il n’y a pas spécialement de vent en ce moment, qu’elles étaient donc loin de tourner à plein régime, et que l’incident est survenu à chaque fois dans la soirée, sans surveillance locale puisqu’il n’y a personne sur place pour surveiller cette installation, pas même un technicien.

Personne n’est capable de fournir une explication et aucun dispositif d’urgence n’est en place, ce qui fait frémir en cas d’accident encore plus grave. D’ailleurs, aucune démarche n’a été engagée pour mettre ce site en conformité classé en installation soumise à la procédure ICPE, comme la loi le prévoit, et ainsi que le syndicat professionnel de l’énergie renouvelable le rappelle à ses membres. Il n’existe même pas de numéro de téléphone diffusé chez les riverains en cas de problème.
Il semblerait que des câbles ont fondu, et que le poste transformateur EDF a de ce fait été endommagé, ce qui laisse prévoir, si cette hypothèse se confirme, une bataille entre le promoteur privé et EDF, tout cela aux frais du contribuable.

Il est vrai que ce grave incident tombe mal juste avant le congrès des promoteurs éoliens qui doit se tenir bientôt et dans le cadre de la promotion de cet outil dans les schémas régionaux en cours. Cette opération avait été présentée comme la « Rolls Royce » des éoliennes . Le passage des réseaux électriques s’est fait de force en Montagne Bourbonnaise malgré les inquiétudes de certains maires, notamment celui de Lavoine, alors que les services de l’Etat lui ont assuré qu’un incident était impossible et que toutes les mesures de sécurité étaient prises …

Il confirme ce que les techniciens d’ERDF disent depuis longtemps : que c’est un non-sens de mettre des éoliennes loin des villes alors que toute l’électricité est dissipée en chaleur dans les kilomètres de réseaux qu’il faut tirer pour les alimenter.

Pendant ce temps, on s’éclaire comment ?
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[note]Malgré les demandes répétées faites auprès de cette société depuis plus d’un an, les promoteurs du chemin de la Ligue sont réfugiés dans le noir total et restent totalement invisibles. Le tribunal de commerce de Caen a confirmé qu’aucun compte n’était publié à part 1000 euros depuis 2006 alors que la presse a parlé d’une opération de 30 millions d’euros ????

Excédé par cette attitude, le Maire de Lavoine, Vice Président de la Communauté de Communes de la Montagne Bourbonnaise a saisi le Procureur de la République de Caen, siège où cette société a récemment déménagé, pour être plus loin encore de l’Allier ?
Après Peyrelevade en redressement judiciaire et Ally Mercoeur et ses mises en examen pour prise illégale d’intérêt, est-ce le début d’une troisième affaire d’éoliennes dans le Massif Central, où il n’y a pas de vent ?[/note]

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courrier maire Lavoine éolien
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Linky le compteur électrique communicant débarque … mieux financé, mais avec quelques risques pour la vie privée.

Le projet Linky, lancé par ERDF en 2007, fut lancé en 2007 pour remplacer les anciens compteurs électriques par des modèles «communicants» aux alentours de 2010. Ces compteurs offrent l’avantage de ne plus avoir à être relevés manuellement et permettent un meilleur équilibrage du réseau.

A l’époque, en 2007, il était question de faire financer son déploiement par les consommateurs d’électricité à hauteur de 400€ par foyer. Devant la levée de bouclier, le projet avait été ajourné et les 35 millions de foyers français ne furent pas équipés.
La commission de régulation de l’énergie à donc lancé en 2010 une expérimentation en Indre et Loire sur 300 000 compteurs. Le 2 septembre 2010, Jean Louis Borloo signait le décret annonçant un déploiement en janvier 2012.

Le Collectif Allier Citoyen avait déjà dénoncé ce mode de financement du compteur Linky. Aujourd’hui, Eric Besson, le ministre de l’énergie, veut généralise ce compteur avant l’été (Les Echos, 22 septembre 2011, page 22). Heureusement pour les contribuables, ERDF va assurer le financement de l’opération et se rémunérera sur l’optimisation de son réseau et enfin, sur la fin des fraudes.
En échanges, pour être certain de toucher les recettes de Linky, ERDF veut également obtenir les concessions de distribution de ces compteurs pendant 20 ans.
Effectivement, estimé à 4 milliards d’euros, le projet de compteurs Linky, représente un sacré paquet d’emplois (10 000 par an selon ERDF).

Le législateur semble confiant sur le fait que Linky bénéficiera au consommateur. En effet, grâce à la fonction communicante de Linky, l’opérateur pourra sensibiliser en direct les consommateurs sur leur consommation d’électricité.

Linky serait il un pirate ?

Comme toute bonne idée à son revers, Linky à une faille : il est communicant. Que ce soit par ligne téléphonique ou par courant porteur, un protocole de communication en langage informatique circulera entre ERDF et le compteur installé dans les ménages français.
Comme le souligne l’article des Echos, il existe donc un risque important de piratage des données sensibles envoyées par ces compteurs pour connaître la consommation des ménages, voir plus.

En effet, avec la multiplication des appareils connectés au sein des foyers français, il n’est pas impossible de penser à une prise de contrôle d’appareils à l’intérieur même de l’installation domestique.
Attention, cela ne veut pas dire que votre grille-pain va se mettre à faire des bonds tout seul. Cela veut dire que des appareils électroniques, utilisant le courant pour communiquer avec d’autres appareils, seraient susceptibles d’être détournés (réfrigérateurs intelligents, robots de nettoyage, téléphones par courant porteur, etc … ).

Ce risque de piratage est réel et confirmé par Christophe Alexandre Paillard, directeur des affaires juridiques de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés).
Ainsi, la CNIL craint une potentielle prise de contrôle des terminaux Linky, ou en tout cas, des clients.

Jean
Webmestre du Collectif