Une nouvelle centrale biomasse à cogénération à Commentry dans l’Allier

C’est une bonne nouvelle. Areva va installer une de ces centrales à biomasse à Commentry dans l’Allier, et qui aura la particularité d’être à co-génération. C’est à dire qu’elle produit à la fois de la chaleur et de l’électricité.
Ce projet est porté à quasi 50/50 pas l’état (Caisse des dépôts) et par Neoen, groupe spécialisé dans l’énergie, et devrait également servir de fournisseur de vapeur à la société Adisseo, firme locale du secteur de la nutrition animale. il est prévu pour un lancement en 2015.

Près de 60 millions d’euros seront investis pour une production de chaleur de 15 MWh, de 100 MWh d’électricité. Le projet espère créer 15 emplois sur le site et une centaine de façon indirect pour produire, entre autre, les 150 000 tonnes de matière nécessaire au fonctionnement de la centrale.

Nous ne pouvons que nous féliciter de ce type de projets qui ont un rendement fixe et très élevé par rapport aux éoliennes qui sont entrain de saccager les monts d’Auvergne et les bocages – jusqu’ici préservés – de l’Allier. Pour rappel, une éolienne ne produit en fait que 20% de sa puissance nominale (souvent 2 MW), alors qu’une centrale biomasse dépasse les 80% de facteur de charge.

Outre le fait de créer ne très nombreux emplois, cette production électrique est un bienfait pour la planète, car non seulement elle évite des tonnes de CO2 dans l’atmosphère, autant elle oblige l’entretien et l’exploitation raisonnées des parcs forestiers français ainsi que la récupération des déchets agricoles.

On notera tout de même que la filière bois dans l’Allier devra être capable de se structurer pour fournir une telle quantité de matière. Car autant le volume est disponible, autant il faut pouvoir le sortir et le structurer de façon industrielle. Car si cela créé de l’emploi rapidement, les parcelles, elles, mettent plus de temps à se structurer pour une telle exploitation ( cf http://www.usinenouvelle.com/article/la-belle-energie-de-la-biomasse.N204577 )

Espérons que les collectivités d’Auvergne adoptent plus largement encore la biomasse.

Sources :
http://www.caissedesdepots.fr/actualites/toutes-les-actualites/en-region-hors-menu/auvergne-neoen-et-la-caisse-des-depots-mobilises-pour-une-centrale-de-cogeneration-biomasse.html
http://lenergiedavancer.com/areva-construira-une-centrale-de-cogeneration-dans-lallier/2013/09/11/

Et si on pariait sur la Biomasse plutôt que sur l’éolien ?

La Biomasse, ou bois énergie, reste un des grands oubliés des énergies renouvelables. Pourquoi ? La question devrait être posées aux grands puissances financières politiques de notre pays. La réalité est que cette filière du bois énergie n’a quasiment pas retenu l’attention des différents grenelle de l’environnement malgré ses avantages incontestables comparés à l’éolien ou au solaire, surtout en France.

Moins poétique que l’éolien, moins “in” que le solaire, ce grand oublié est pourtant LE point fort de la France dans le domaine des énergies renouvelables. Je vous propose donc une rapide revue des points forts et points faibles de cette énergie.

La biomasse ?

Rappelons que le biomasse, ou bois énergie, est la production de chaleur et/ou d’électricité à partir de déchets organiques dont les plus courants sont le bois sous différentes formes : granulés, copeaux, buchettes … mais aussi les déchets agricoles qui trouvent ainsi un débouché inespéré.

Le vent et le soleil ne se stockent pas … sauf dans le bois

Autant, la production d’électricité éolienne ou solaire est aléatoire autant la production biomasse se fait à la demande à partir de toute matière première que la Nature veut bien fournir : bois, mais aussi déchets organiques divers, les possibilités sont nombreuses.

On peut ainsi considérer que le soleil, et les autres forces de la nature se stockent d’elles même dans ces arbres, les transformant en de véritables batteries naturelles. A nous de savoir les utiliser intelligemment, le risque étant bien sûr une déforestation qui s’avèrerait désastreuse.

La forêt une matière première durablement maitrisée.

De par leur histoire , les français sont passés maîtres dans l’exploitation vertueuse de leur patrimoine sylvicole. Même si ce secteur mériterait grandement une revalorisation, les forêts françaises, qui couvrent 30% du territoire, ont toujours connu un soin vigilant de préservation des espèces. Le volume des forêts n’a d’ailleurs cessé de croître depuis les gabegies industrielles du XIXème siècle. Ces techniques sylvicoles ont aujourd’hui atteint une maturité qu’aucune autre exploitation de matières premières ne connaît.

Une énergie obligatoirement locale.

La disponibilité locale des ressources est vitale. Contrairement à l’éolien qui nécessite une multiplication dantesque des pylônes et transformateurs électriques – avec les pertes électriques associées -, le bois énergie trouve son utilité dans la proximité de son exploitation. La chaîne production – exploitation est ainsi drastiquement réduite ainsi que toutes les pertes en frais de transports et de distribution que cela représente.

Ce souci de proximité locale est un impératif écologique, car le risque est grand de voir des forêts vierges – non maitrisées – exploitée de l’autre côté de la planète pour alimenter les centrales de ce côté ci. La forêt française répond ainsi parfaitement à ces exigences vitales à long terme.

Les anglais ont ainsi durement éprouvé ce problème : avec à un parc forestier des plus réduits, leurs efforts pour la biomasse se sont soldés par une augmentation de leurs importations de bois depuis les Etats Unis, réduisant à néant leurs efforts de consommation de CO2 – et grevant encore un peu plus leurs factures d’électricité.

De petites unités produisant électricité + chauffage

Car les chaudières biomasse ne se contentent pas de chauffer, elles peuvent, grâce au principe de la cogénération, produire l’intégralité de l’électricité d’un ménage ou d’une collectivité, et ce toute l’année. Ce principe est même tellement efficace, que le gouvernement Anglais a récemment décidé de ne plus subventionner que les centrales à co-génération.

Ces unités bio-masse produisent beaucoup à partir de peu.

Ainsi, pour un facteur de charge de 22% pour un temps effectif de production de 30% de l’année pour les éoliennes industrielles, des centrales bio-masse ont un facteur de charge de près de 80% – équivalent aux centrales thermiques – pour une utilité potentielle à l’année de 90%. Le calcul est vite fait.

De plus, il n’est pas besoin de tirer des lignes à haute tension ni de poser des milliers de transformateurs – hyper polluants -, pour la simple raison que ces productions en co-génération peuvent se faire au sein même des ménages.

Un arbre consomme le CO2 généré par sa combustion.

Car les seuls risques de la biomasse sont : la déforestation, qui est maitrisée grâce à une consommation locale, et le dégagement de CO2. Déjà très fortement réduits grâce aux progrès des techniques de combustion, ce souci trouve une partie de sa solution dans l’équation 1 arbre brûlé = 1 arbre planté (au moins). La photosynthèse se chargeant de récupérer une grande partie des gaz produits.

Une facture divisée par deux (au moins) et une indépendance énergétique totale.

Car le prix du Kilowatt/heure issu de la biomasse est de 4 centimes quand le Propane, très utilisé dans les campagnes est de 14 centimes et le gaz naturel à 7 centimes.

Le calcul est ainsi vite fait, d’autant qu’avec des chaudières à co-génération, la facture EDF disparaît également.