Le parc éolien de Bajouve, une inauguration “entre gens biens” !

Le parc éolien de Bajouve, à Puy Lavèze, a été inauguré le 21 avril 2016.

Rien que du beau monde, accueillis par M. Patrick Simon, directeur général adjoint de RES (Renewable Energy Systems), la société en charge de la réalisation et de l’exploitation du parc de Bajouve, on notait la présence de :

Yves Clamadieu, maire de Saint-Julien-Puy-Lavèze ;
François Marion, président de SancyArtense ;
Les maires des vingt-six communes de la communauté ;
Christine Pirès-Beaune, députée de Riom ;
Jacques-Bernard Magner, sénateur.

Cette réunion, entre gens biens, a été couverte par Monsieur Jean-Paul Gondeau, pour le journal “La Montagne” :

“Les six éoliennes de Saint-Julien-Puy-Lavèze fourniront de l’électricité à 12.000 personnes.”
On notera par contre, l’absence de tout opposant à l’éolien, persona non grata peut être ?

Comme Monsieur le Sénateur, Jacques-Bernard Magner, a reproduit l’article du journal sur son site :

https://www.jacques-bernard-magner.fr/index.php/revue-de-presse/369-les-six-eoliennes-du-parc-de-bajouve-ont-ete-inaugurees-hier-matin-a-st-julien-puy-laveze-2

Je me suis senti obligé de lui adresser un e-mail, dont je vous livre la copie conforme :

Monsieur le Sénateur,

J’ai pris connaissance, sur votre site, de l’article suivant :
« Les six éoliennes du parc de Bajouve ont été inaugurées hier matin, à St-Julien-Puy-Lavèze ».
Je lis, sous la plume de Monsieur Jean-Paul Gondeau, auteur de l’article sur le journal « La Montagne » :

“Selon le responsable de la société concessionnaire, les six pales géantes fournissent depuis décembre 2015, date de leur mise en service, 26 millions de kilowatt/heure”…

Je prends note, mais je me permets de soulever une objection à propos du facteur de charge induit par la déclaration du responsable de la Société Eole-RES :

Le calcul est assez simple.
Nous allons parler en Mégawat/heure, cela nous évitera de trimballer une ribambelle de zéro !
Capacité de la puissance installée, 12 MW/h
Soit, sur une année (8760 heures) :
12 x 8760 = 105120 MW/h

Le document annonce une production de 26 millions de KW/h, soit 26000 MW/h sur 5 mois (de décembre 2015 à avril 2016)
Soit une production théorique sur un an de :
(26000 MW/h / 5) x 12 = 62400 MW/h

On va maintenant calculer le facteur de charge induit par les chiffres fournis.
Pour mémoire, le facteur de charge d’une centrale électrique est le rapport entre l’énergie électrique effectivement produite sur une période donnée et l’énergie qu’elle aurait produite si elle avait fonctionné à sa puissance nominale durant la même période.

Le facteur de charge est normalement calculé sur une ou plusieurs années, mais rien n’empêche de le calculer sur des périodes différentes.

Le facteur de charge annoncé pour ledit parc est donc de :
(62400 / 105120) x 100 = 59,36 %

Sachant que les chiffres officiels de RTE (Réseau de transport d’électricité), donnent un facteur de charge moyen d’un peu moins de 22% pour la production éolienne en Auvergne, il ne nous reste plus qu’à croire au miracle !

Voici, d’ailleurs, les donnée chiffrée du facteur de charge de l’éolien dont je dispose, toujours selon la même source, RTE, source officielle :

2007 : 20,75 %
(Je n’ai pas pu trouver pour les années 2008, 2009 et 2010)
2011 : 21,68 %
2012 : 21.9 %
2013 : 21 %
2014 : 21,8 %

On ne va garder que la période continue de 2011 à 2014, et on obtient un facteur de charge moyen pour ladite période de 21,595 %.

Ce chiffre est donc à rapprocher du facteur de charge de 59,36 % que l’on peut déduire des annonces d’Eole-RES !
D’où ma réflexion :
Il y aurait il “un miracle en Combraille ?

Enfin, comme on le dit chez moi, “c’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses”…
On verra bien les rapports de RTE d’ici une année ou deux de fonctionnement…
Mais d’ici là, si rien est fait, ce ne seront pas 6 éoliennes qui agrémenteront le paysage dans cette région des Combrailles, mais 53, voir 58, si on compte le projet de Messeix !

De plus, je note que, et je cite :

« Yves Clamadieu, le maire de Saint-Julien-Puy-Lavèze, et François Marion, le président de la communauté des vingt-six communes de Sancy-Artense, ont reconnu que les retombées financières « n’étaient pas négligeables ».
Les six propriétaires sur le terrain desquels ont été construites les éoliennes recevront 5.000 euros de redevance annuelle tandis que Saint-Julien se voit gratifier de 3.000 euros de location, 6.000 euros de convention et 6.000 euros de taxe foncière, soit 15.000 euros au total.
Sancy-Artense bénéficiera de 70 % des 84.000 euros dégagés par la taxe foncière (le reste allant au Département)… »

A tous ces gens qui se congratulent de cette manne financière, puis-je leur rappeler que ladite manne vient directement de la poche des citoyens, via la CSPE (Loi n°2003-8 du 3 janvier 2003) ?
Puis-je aussi leur rappeler que ladite CSPE a augmenté de 650% par rapport à son niveau de 2002 ?
Puis-je aussi vous rappeler, à vous, Monsieur le Sénateur, que la précarité énergétique subi une inflation avérée dans notre pays ?
La précarité énergétique concerne près de 6 millions de ménages en France, d’après une étude de l’Insee, publiée en janvier 2015.

Merci d’avoir eu la patience de me lire.

Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, mes salutation citoyennes.

Didier Chateau.

Va-t-il me lire ?
Je doute…
Va-t-il me répondre ?
Il y a bien longtemps que je ne crois plus au Père Noel !

J’ajoute, à cet article, qu’un reportage “très bien orienté”, avait été publié sur le site de France Bleu Pays d’Auvergne, sous la plume de Mme Juliette Micheneau :

“L’éolien se développe en marge du parc des Volcans.”

Article très “politiquement correct” envers l’éolien.

Mais ce qui m’a amusé dans cet article, c’est la publication d’une photo obligeamment fournie par Eole-RES :

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La technique utilisée par Eole-RES pour minimiser l’impact visuel est assez classique : On utilise une vue plongeante afin de minimiser l’impact sur le paysage. Dans leur photo, prise d’un point élevé, (probablement depuis la nacelle de l’éolienne T1 ou T2), les machines ne dépassent pas le niveau de l’arrière plan constitué par la banne d’Ordanche et le Massif du Sancy. De plus, ils se gardent bien de prendre l’ensemble des machines.

A comparer avec l’une de mes photos :

Ma photo est prise depuis la route de Barreix, à hauteur d’homme. Et pour ne pas être taxé d’avoir triché sur les perspectives, j’ai réglé mon zoom jusqu’à ce que l’image dans l’écran corresponde exactement à ce que je voyais à l’œil nu ! (La focale résultante est de 40 mm.) Je tiens à disposition de quiconque me chercherait des poux dans l’objectif, les données “exif”* du cliché, données qui sont non falsifiable ! (*Les réglages de l’appareil s’enregistre de manière totalement autonome dans un petit fichier qui est indissociable de la photo)

 

Didier Chateau “Impérialiste paysager” !