Il faudra bien que quelqu’un paie la “fiesta verte”

Le géant espagnol de l’électricité Iberdrola prévoit une autre bulle.

Le président d’Iberdrola, Ignacio Sánchez Galán, a déclaré jeudi qu’il fallait freiner le développement de l’énergie thermosolaire en Espagne, parce qu’elle est “économiquement non-viable”. Il met en garde contre cette technologie immature qui risque de créer “une nouvelle bulle” similaire à celle de l’énergie photovoltaïque, avec un coût pour les consommateurs espagnols de 2 milliards d’euros par an (1).

“Quelqu’un doit payer pour la fiesta verde”, a-t-il déclaré lors d’une conférence devant une audience d’analystes. Il ajouta que tout l’argent public dépensé pour supporter les technologies vertes “fait que le mégawatt/heure espagnol est le plus cher de toute l’Europe”.

La Plateforme européenne contre l’éolien industriel (EPAW www.epaw.org) réagit à ceci en disant que, tout comme la Grèce, l’Espagne continue à dépenser en projets énergétiques non rentables de l’argent qu’elle n’a pas. Astucieusement, son gouvernement a mis hors budget le déficit attribuable à l’énergie verte, les 22 milliards d’euros du “deficit tarifario” (1). Mais il lui est néanmoins nécessaire de le financer. EPAW a appris qu’il avait demandé aux Saoudiens de le faire, mais aucun détail n’a été publié au sujet de garantie souveraine ou autre caution.

“Ce qui est le plus inquiétant c’est le manque de transparence”, dit Mark Duchamp, le Directeur Général d’EPAW. Quelle sorte de marché a été offert aux Saoudiens, demande-t-il ? Comme pour les Chinois, auxquels l’Union Européenne a proposé de financer le “Fonds européen de stabilité financière” – la bouée de sauvetage de l’euro – il est peu probable qu’ils prêtent des milliards sans gages concrets, ou sans bénéfices collatéraux importants. Ils ont vu les banques françaises et allemandes avaler des couleuvres avec la dette grecque, qui ne vaut plus pour elles que 50% de sa valeur nominale. “Que va-t-on donc offrir en gage ?” se demande Duchamp. “Après avoir vendu nos meubles pour couvrir des décades de déficits publics, est-ce que les gouvernements vont maintenant hypothéquer la maison européenne pour pouvoir continuer à gaspiller de l’argent que l’on n’a pas sur des énergies renouvelables non rentables ?”

EPAW a obtenu une preuve scientifique de grand intérêt: il semblerait que “la plus mature” des technologies dites vertes, l’éolien industriel, n’économise pas vraiment sur les émissions de C02 et les importations de combustibles fossiles. “On en reparlera la semaine prochaine”, ajoute Duchamp.

La Plateforme nord-américaine contre l’éolien industriel (NA-PAW www.na-paw.org) abonde dans le même sens. Selon son Directeur Général, Sherri Lange, “les Etats-Unis et le Canada suivent le modèle européen. Il serait plus intelligent d’observer et d’apprendre, au lieu de se joindre aux lemmings qui marchent vers le précipice.”

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de l’EPAW (European Plateform Against Windfarm)
30 octobre 2011

Contacts :

Mark Duchamp
Directeur général, EPAW
www.epaw.org
Tél. 34 693 643 736 (Espagne)
save.the.eagles@gmail.com

Sherri Lange
Directeur général, NA-PAW
www.na-paw.org
Tél. 1 416 567 5115 (Canada)
kodaisl@rogers.com

(1) Références :
http://www.expansion.com/accesible/2011/10/27/empresasenergia/1319711373.html
http://www.noticias.com/sanchez-galan-pide-cambiar-el-insostenible-modelo-energetico-espanol.1393134

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